JeronymPrazsky

Nous vivons un temps riche en commémorations. La semaine passée, c’était le centenaire de la bataille de Verdun. Les Églises protestantes, elles, se préparent déjà au Jubilé de la Réforme l’année prochaine.

D’autres anniversaires passent plus inaperçus. Saviez-vous que, ce lundi, cela faisait six cents ans que Jérôme de Prague avait été brûlé vif à Constance ? J’imagine bien que non.

Cet homme mérite pourtant qu’on s’intéresse à lui. Car, pour échapper au bûcher, il avait commencé par renier ses convictions et aussi son maître, Jean Hus, qui venait d’être exécuté.

Mais sa conscience ne le laissait pas en paix. Et il est revenu sur ses aveux. Il savait bien quelles allaient être les conséquences. Il savait bien qu’il allait au-devant de la mort. Mais il n’a pas hésité.

Oui, c’est une belle figure, Jérôme ! Il n’est pas parfait : la peur le saisit, et il cède à la lâcheté. Mais – et c’est là toute sa grandeur – il sait se ressaisir, et donner sa vie par fidélité à ses idées et à son ami.

On croit souvent qu’un moment de faiblesse laisse une tache qui nous disqualifie à jamais. À quoi bon se donner de la peine ? Le mal est fait, et on ne l’effacera pas. Les états policiers jouent volontiers avec ce mécanisme.

Jérôme, lui, nous montre que le vrai courage, c’est de savoir dépasser sa chute. Nous commettons tous des erreurs : c’est humain. L’important, c’est juste de ne pas leur laisser le dernier mot, et de savoir se relever.

 

Jean-Nicolas Fell, pasteur de l’EERV à Champagne