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Cette année, par deux fois, une votation a suscité la surprise. Les Britanniques ont décidé de sortir de l’Union européenne. Et les Américains ont élu un président atypique. Avant le scrutin, cela semblait impossible. Après, une fois le premier choc passé, on s’aperçoit que la vie continue. La terre n’a pas arrêté de tourner. Le monde ne s’est pas effondré. Le cours des choses prend juste un tour un peu différent de ce que l’on pensait. Et l’on se rend compte que cela ne va pas forcément plus mal.

Une première ministre britannique était connue pour répéter sans cesse : « Il n’y a pas d’alternative », « Il n’y a pas d’autre possibilité ». Pour elle, c’était une évidence : il n’y a jamais qu’une réponse qui soit juste, il n’y a qu’une décision qui soit la bonne. Tout le reste n’est qu’erreur et fourvoiement. Une position claire et tranchée. Mais, il faut le reconnaître, quand même un peu simpliste.

Nous le savons, un train ne peut pas quitter ses rails. Mais, justement, nous ne sommes pas des trains. La vie est faite d’imprévus qui bousculent nos projets et nos projections. Cela ne se passe pas comme nous l’avions prévu. Nous sommes surpris, déroutés. Mais souvent avec le recul nous le reconnaissons : en réalité, ce n’est pas plus mal. Car la vie, c’est beaucoup plus que la mise en œuvre d’un projet ou l’application d’un programme. Il y a tant de choses qui nous échappent. Tant de choses sur lesquelles nous n’avons pas prise.

Laisser la porte ouverte à ces surprises : ce n’est pas de la résignation ou du fatalisme. C’est même tout le contraire. On appelle ça l’espérance. Accepter que tout n’est pas entre mes mains. Et, surtout, ne pas y voir un mal. Et, même plus, y voir un bien. Tout simplement parce que je ne suis pas seul face à la vie. Oui, il y a quelqu’un qui me guide. Et grâce à lui tout peut être source de bien. Il faut juste ne pas avoir peur et ne pas se bloquer. Il faut juste lui faire confiance et avancer.

 

Jean-Nicolas Fell, pasteur de l’EERV à Champagne